Blog

La violence des hommes éclaboussait les siècles

Premier coup de coeur de l’année 2020, un roman policier exceptionnel de Paul Colize avec, en toile de fond, les fresques bruxelloises de 2016 et la guerre des Balkans.

Toute la violence des hommes eBook: Colize, Paul: Amazon.fr
Résumé

L’histoire de Nikola Stankovic et celle de tout un pays détruit par la guerre.

Dans la banlieue de Bruxelles, une jeune femme est retrouvée sans vie dans son appartement, criblée de coups de couteau. Tout accuse Nikola Stankovic, dernière personne que la victime a appelée avant sa mort. Il apparaît sur les caméras de surveillance juste après le meurtre, la police retrouve ses vêtements maculés de sang et découvre des croquis de la scène de crime dans son atelier d’artiste. Malgré ses airs d’enfant perdu, Niko est un graffeur de génie, que l’on surnomme le Funambule et qui émaille les rues de Bruxelles de fresques ultra-violentes.
Muré dans le silence, le jeune homme nie tout en bloc et ne répète plus qu’une seule phrase : c’est pas moi.
Si la force de Niko réside dans son mystère, les personnages clés de ce roman sont incarnés par Philippe Larivière, l’avocat de Nikola et Pauline Derval, la directrice de l’Établissement de défense sociale, qui va garder le jeune homme en observation pour quelques semaines. Ces deux professionnels rompus à l’exercice ont beau voir que tout accuse Niko, aucun des deux ne peut y croire. Ils vont devoir suivre leur instinct et laisser venir l’histoire. La vraie, celle de Niko et celle de tout un pays détruit par la guerre.

Mon avis

Je ressort de la lecture de ce livre profondément émue et bluffée.

Emue, parce que l’auteur a réussi à me faire ressentir la douleur du héros, la douleur du peuple croate, à me faire comprendre aussi son mutisme et cette force incoercible qui l’a conduit à graffer les murs de Bruxelles (dans le roman).

Emue parce que Paul Colize réussi le tour de force de créer des personnages denses et complets, à la fois tous profondément différents, et profondément attachants. Bien que le livre soit un peu lent à se mettre en place, une fois l’histoire partie, on ne le lâche plus parce qu’on se soucie de ce peintre étrange et mutique, on se soucie de la psychiatre qui le récupère dans son établissement, on se soucie de cet avocat désemparé par un client inaccessible ou bien par le soignant qui choisit d’aimer les étranges personnes qu’on lui confie.

Il n’y a pas de policier dans ce qui est plus un « whydunnit » (pourquoi il l’a fait) qu’un « whodunnit » (qui l’a fait) caractéristiques du genre policier, simplement une psychiatre et un avocat qui s’unissent, malgré la déontologie, parce qu’ils veulent comprendre. Et comprendre, ça devient aussi l’obsession du lecteur qui apprend à les aimer à partager leur combat.

Je ressors également de ce roman bluffée par la précision millimétrique de l’auteur. Tu le sais, je ne déteste rien de plus qu’une incohérence, surtout quand elle découle d’une faiblesse de l’auteur ou du scénariste. Dans Toute la violence des hommes, Paul Colize distille les indices avec tellement de finesse que tu ne les vois pas venir. C’est seulement après, quand les pièces du puzzle s’assemblent, que tu vois l’image globale, que tu te dis « ah! oui ! c’était pour ça » et que les indices prennent leur sens.

L’enquête est menée de main de maître, et s’il y a quelques temps morts, inévitables à mon avis, ils ne durent pas. L’histoire peut te sembler longue à se mettre en place. Accroche-toi. J’ai un peu traîné sur les 90 premières pages, puis j’ai lu le reste en deux sessions, je ne voulais plus lâcher le livre. Et c’est tellement bon ! Ca faisait tellement longtemps que ça ne m’était pas arrivé !

Est-ce que je dois ajouter que je te conseille ce roman sans réserve. C’est pour moi une pépite et je lui souhaite un énorme succès.

Citations

Antonin Artaud, un homme qui savait de quoi il parlait, a dit que nul n’a jamais écrit, peint ou sculpté que pour sortir de l’enfer.

Elle connaissait le personnage.
Froussard et pleurnicheur.
Il dévorait les romans de Gilles Legardinier et écoutait Radio Nostalgie.
Il allait bredouiller qu’il ne pouvait pas se prononcer

– Pourquoi as-tu pris ce trou du cul avec toi ?
Fabienne haussa les sourcils.
– C’est mon Bob du jour. C’est lui qui conduit. L’année dernière, je me suis fait arrêter par les flics. J’ai du souffler dans leur espèce de sex-toy, ça m’a coûté trois mois de salaire.
– Si c’est de mon salaire que tu parles, ça reste raisonnable.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Devises / Currencies
EUREuro
La copie n\'est pas permise.