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Plus d’un million de lecteurs séduits… Moins un, au bas mot. Je n’ai pas du tout été convaincue par ce roman, qui pèche par une intrigue faible et un thrill inexistant.

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Résumé

Depuis l’assassinat de son père, avocat renommé, Macha Karavaï, une jeune étudiante en droit de vingt-deux ans, nourrit une véritable obsession pour les tueurs en série. Pistonnée pour un stage à la Petrovka, l’état-major de la police de Moscou, elle est prise en grippe par Andreï Yakovlev, l’enquêteur en chef, qui décide de la mettre à l’écart en lui confiant d’anciennes affaires d’homicides qui lui semblent sans intérêt.
Mais quand Macha se rend compte que des cadavres ont été découverts à la cathédrale St Basile, à la Tour Koutafia et repêchés devant les remparts du Kremlin, elle identifie un lien entre l’emplacement de ces crimes et le plan de la ville médiévale de Moscou, construite par les architectes au Moyen Âge selon le modèle de la Jérusalem céleste. Contrairement aux catholiques pour qui il existe sept péchés capitaux, les orthodoxes, eux, estiment que tous les péchés sont capitaux. Les corps des victimes n’ont pas été abandonnés mais plutôt mis en scène par le tueur pour représenter divers péchés. Macha parvient enfin à attirer l’attention d’Andreï et ils se lancent alors sur les traces de ce tueur en série on ne peut moins ordinaire…

Mon avis

Dès le départ, on s’attend à ce que ce ne soit pas le polar de l’année. Le style est assez scolaire, les descriptions malhabiles… mais ça fonctionne bien. Après tout, on ne demande pas à un polar d’être susceptible d’entrer en lice pour le Goncourt ni de t’élever forcément l’esprit à des hauteurs stratosphériques.

J’ai donc continué en me disant, voilà un thriller gentillet qui va m’entraîner dans un coin de la planète que je ne connais pas, c’est toujours une occasion de passer le temps agréablement et d’apprendre un peu.

Làs. J’ai fini par rendre les armes et déclarer forfait.

C’est dommage, évidemment, parce qu’il y a des atteintes réussies de dénonciations de la société russe actuelle. Mais n’est pas Henning Mankell qui veut et là où les grands auteurs de polar scandinave se sont fait une spécialité d’étaler en toile de fond de leurs romans les dysfonctionnements de la société, Daria Desombre se contente, platement, de les énumérer. Parfois, c’est avec un joli sens de la formule (« Quant au peuple, il avait trimé comme une bête pour « les Soviets et l’électrification du pays », comme disait Lénine, mais il n’avait jamais pensé à exiger l’eau chaude ou un système de canalisations« ), la plupart du temps, il s’agit de commentaires qui sonnent comme des reproches personnels insérés dans le texte du roman.

Les personnages sont trop caricaturaux. Il y a des efforts, mais pas suffisants pour s’y attacher ou ne pas voir l’évolution de leurs relations à 100 pages.

Surtout, il y a des pages entières qu’on dirait sorties de Wikipedia. C’est certainement très intéressant et je ne connaissais pas la théorie de la Jérusalem céleste, mais c’est assommant comme une page de Wikipedia, quoi. Là, je lis un thriller. Tout ce qui frémit, en fait, c’est mon gros orteil droit, ce qui exprime chez moi une insatisfaction grandissante.

C’est ce qui m’a achevée. J’aurai accepté que l’étudiante en droit acceptée dans un service de police et autorisée à fouiller dans les vieux dossiers (bon, c’est la Russie, je n’y connais rien à leurs procédures) fasse comme par hasard le lien entre des assassinats qui n’ont apparemment rien à voir (sauf qu’ils sont littéralement tous numérotés – bonjour la subtilité), mais les cours magistraux, c’était trop.

Quand j’étais gamine, on disait que la culture, c’est comme la confiture, moins on en a, plus on l’étale.

La tartine promettait d’être indigeste.

Et je suis au régime.

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