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La première fois

La première fois.
Tu t’en souviens, toi, de ta première fois ?
Moi, oui. Comme si c’était hier.
Je n’ai qu’à fermer les yeux et me laisser emporter par les souvenirs. Aucune fibre de mon corps n’a oublié cette première danse, force et souplesse, persévérance et extase.
Le souvenir est si vivant, si présent dans ma mémoire qu’à l’évoquer, ma respiration s’accélère, la surface de ma peau devient sensible comme si des millions de nouveaux capteurs venaient d’y être reliés. Rien qu’à y repenser, j’ai envie de recommencer. La douceur de la peau. Le moelleux d’un sein dans ma main. La fermeté des fesses. La finesse des clavicules, que je parcours du bout d’un doigt. Je me revois encore une fois déboutonner lentement le chemisier, le faire glisser sur des épaules à la peau si blanche qu’on voudrait croquer dedans. Dégrafer un soutien-gorge qui n’existe que pour la forme tellement la dentelle est fine, légère, transparente. Faire glisser une jupe étroite le long de jambes aussi graciles que celles dune pouliche à peine née. Puis la culotte. J’aurais aimé l’arracher, je n’ai pas osé. Elle a suivi le chemin de la jupe, le long des jambes tremblantes parcourues de frissons. J’ai savouré mon émoi, le sien. J’ai fait remonter mes mains le long des jambes en me délectant du velouté de la peau. Frôlé l’aine des deux pouces, continué vers les seins en m’attardant à peine sur leurs pointes. La tension qui m’habitait a crû jusqu’à presque m’aveugler. J’entendais ma propre respiration. J’avais peur, j’avais envie. Il était encore temps de faire demi-tour. Il était encore temps de tout arrêter. De renoncer à posséder ce corps mince et nerveux, frémissant et vivant, qui appelait, qui incitait, qui m’exhortait presque. Non bien sûr, c’était impensable. Je ne pouvais pas renoncer maintenant. La bouche sèche, les mains moites, j’ai pris dans mes mains les deux seins fermes et gonflés. Puis j’ai caressé les épaules en m’avançant un peu plus au-dessus d’elle.
J’ai plongé.
Non seulement ça a été beaucoup moins difficile que je craignais, mais, inexplicablement, j’y ai pris du plaisir. Un plaisir sensuel, charnel. J’ai plongé mes yeux dans les siens, respiré son souffle jusqu’au bout, comme si je le buvais. Sous mes mains, j’ai senti le cœur se mettre à battre la chamade, le corps sous moi commencer à onduler, de plus en plus, avec des mouvements devenus saccadés. C’est allé si vite, ma jouissance a été si fugace. J’ai attendu un peu que les battements de mon cœur se soient calmés, que ma respiration ait repris son cours normal. Son regard s’était perdu, loin, d’où on ne revient jamais. Elle avait elle aussi franchi une frontière.
J’ai desserré les doigts. Les pulsations du cœur s’étaient arrêtées, aucun souffle ne soulevait plus sa poitrine. Ça avait été si court, si rapide.
La prochaine fois, je ferai durer un peu plus.

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