Dérapages en Streaming sur Arte - Molotov.tv

Résumé (le mien, pas l’officiel)
Une grosse société française d’aviation décide de faire subir à ses cadres un jeu de rôle pour éprouver leur résistance au stress dans le but de les envoyer au charbon, licencier des centaines de personnes dans une usine du nord. Le problème, les cadres en question ne sont pas au courant qu’ils vont participer et le jeu de rôle en question est une prise d’otage.
Par ailleurs, pour les interroger, on décide de mettre en concurrence plusieurs candidats au poste de chargé de recrutement.
Ca dérape.

Mon avis

Il y a (un petit peu) du bon, il y a (beaucoup) du moins bon. Dans l’ensemble, je n’ai pas trop aimé.

Le bon :

  • La morale. Dommage que je ne puisse pas te la dévoiler, elle est assez politiquement incorrecte et j’aime ça.
  • Cantonna. Complètement crédible en type normal qui pète les plombs, qui flippe, qui souffre et qui panique.

Le moins bon

Au début de la série, je me frottais les mains. Enfin un discours un peu équilibré qui sorte de l’affrontement « le méchant patron/le gentil salarié ». Làs. La série accumule les clichés gauchisants et misérabilistes chers aux artistes français. Une grosse entreprise est forcément une machine à broyer l’humain, les avocats fortunés sont forcément des gros cons imbus d’eux-mêmes, le cadre en communication est nécessairement une femme, le financier un type roué, etc.

C’est dommage, parce que le pitch de départ était vraiment intéressant et pas tellement démago, même si le trait est forcé. Les séquestrations de cadres sont malheureusement devenues, et à plusieurs reprises, réalité en France ; il n’est donc pas insensé d’imaginer que les entreprises y préparent leur management.

Malheureusement, le propos politique l’emporte avec démagogie sur l’intrigue et les invraisemblances s’accumulent. Comment imagine qu’un ex DRH soit à ce point naïf ? Un jeune qui sort de l’école, mais un homme avec 25 ans d’expérience, non. Comment imaginer que la responsable communication et marketing puisse être envoyée au charbon, diriger une usine et gérer des licenciements ? On n’envoie pas des gens avec ce CV à ce charbon là. L’aspect juridique du problème est traité avec une désinvolture qui finit par être insultante. Non, un coup de boule et un nez cassé, ça ne se traduit pas par 100 000 € de dommages et intérêt, on n’est pas aux USA et le nez en question n’était pas un outil de travail. Le procureur ne se promène pas dans le prétoire, il n’y a pas d’interrogatoire/contre-interrogatoire en France.

Bref. S’il n’y avait pas eu cette tirade en forme de morale anti-conventionnelle, j’aurai eu du mal à trouver des atouts à cette série qui va chercher dans les bas-instinct et la facilité alors que le matériau de départ était particulièrement intéressant et aurait, sans aucun doute et avec un peu d’intelligence, pu donner lieu à une véritable critique d’un système qui est loin d’être parfait.

Malheureusement, on se retrouve avec un truc bâclé, qui va s’adresser au Madame Michu qui dort en nous au lieu d’essayer d’élever un peu le niveau.
Dommage

One Comment

  1. […] de l’auteur. Tu le sais, je ne déteste rien de plus qu’une incohérence, surtout quand elle découle d’une faiblesse de l’auteur ou du scénariste. Dans Toute la violence des hommes, Paul Colize distille les indices avec tellement de finesse que tu […]

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